Langues étrangères anciennes et modernes : pas de deux didactiques
DOI:
https://doi.org/10.55393/babylonia.v2i.786Keywords:
langues anciennesAbstract
Comme le rappelle l’éditorial du numéro précédent, 1I2025, « lors de sa fondation, Babylonia était une idée. Une idée née dans les esprits d’un groupe d’humanistes engagés pour la construction d’une société plurilingue, pluriculturelle, ouverte et tolérante ». Le terme d’humaniste se réfère ici à une « attitude philosophique qui tient l’humain pour la valeur suprême et revendique pour chaque humain la possibilité d’épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines » (CNRTL, s.v. humanisme). Il peut cependant aussi renvoyer au « mouvement intellectuel qui s’est développé en Europe à la Renaissance et qui, renouant avec la civilisation gréco-romaine, manifeste un vif appétit critique de savoir, visant l’épanouissement de l’homme rendu ainsi plus humain par la culture » (ibid.). Les représentants de cet humanisme de la Renaissance, même s’ils utilisaient aussi les langues vernaculaires pour diffuser leurs idées, correspondaient et débattaient entre eux en latin, formés dès le début de leurs études à cette langue – le latin et le grec constituaient le cœur des études humanistes. Si on entend le terme humaniste dans sa polysémie, il paraît alors logique que Babylonia, « la revue suisse pour l’enseignement et l’apprentissage des langues », consacre un numéro à ces langues qui, à la Renaissance, étaient des langues de communication. Elle emprunte ainsi la voie qu’elle aimerait voir prendre à la société qu’elle s’est engagée à construire. Fidèle à son idée fondatrice, Babylonia veille à ce que chaque numéro soit plurilingue, pluriculturel, ouvert et tolérant. Une preuve parmi d’autres consiste dans son ouverture aux langues anciennes : si c’est la première fois qu’un numéro leur est dédié, nombreux sont ceux qui comprennent un ou plusieurs articles en lien avec elles. C’est qu’à bien y regarder, elles sont des langues comme les autres – juste un peu plus anciennes. Grâce à cette caractéristique, elles peuvent conférer une certaine épaisseur historique aux autres langues, aux langues dites modernes, comme le montrent plusieurs articles de ce numéro. Mais outre cette propriété, elles se prêtent aux mêmes activités – la lecture, la communication orale, la réflexion linguistique, la construction de l’identité ; partant, les démarches didactiques répandues dans l’enseignement des langues anciennes et celles usitées dans celui des langues modernes ne peuvent que s’enrichir mutuellement lorsqu’on leur permet de dialoguer. Comment ? C’est ce que les contributions de ce numéro dévoilent.
Downloads
Published
How to Cite
Issue
Section
License
Copyright (c) 2025 Antje Kolde

This work is licensed under a Creative Commons Attribution 4.0 International License.