Eloge du mélange

Auteurs

  • Marinette Matthey

Mots-clés :

04/2010

Résumé

Les chroniques de Hans Weber ont presque toujours cette particularité d’être en plusieurs langues. Allemand, français, mais aussi anglais (langue nationale supraterritoriale de fait) et un peu moins l’italien. J’y ai même trouvé du dialecte alémanique, extrait d’une Berndeutsche Novelle de l’écrivain bernois Von Tavel (1903). «Hesch gseh, wi-n-er der Chifu gsteut het, wo mer brüelet hei?»... et bien sûr des mots en grec, en latin, mais aussi en breton, en romanche, en turc, en russe, en arabe… j’arrête là l’énumération des langues dont Hans Weber nous a parlé dans ses chroniques, car elle serait fastidieuse. Mais je retiens une chose: Hans Weber se joue de (et joue avec) la diversité linguistique, semblant faire un pied de nez à tous ceux qui voient dans Babel une malédiction. Mais il ne mélange jamais les langues. Ses textes en convoquent plusieurs, mais toujours une à la fois. On passe de l’allemand au français, du français à l’anglais, etc. M. Weber semble s’adresser à des personnes qui ont le profil linguistique idéal du Suisse européen: il ou elle parle la langue de son voisin ainsi que la grande langue internationale du bizness et de la science, et réussit à comprendre des langues qu’il ou elle n’a pas apprises formellement, en vertu de l’intercompréhension entre langues proches (les italophones et les francophones sont en fait des locuteurs du latin moderne, réputé «langue morte» bien à tort, si l’on en croit Saussure1).

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Publiée

2026-06-20

Comment citer

Matthey, M. (2026). Eloge du mélange. Babylonia Journal of Language Education, 4, 16–18. Consulté à l’adresse https://babylonia.online/index.php/babylonia/article/view/1457